Prenant pour point de départ le féminicide médiatisé de Gabby Petito par son compagnon Brian Laundrie, Pascal Navarro interroge, avec « Monument pour Gabby », la persistance des images à l’ère des réseaux sociaux. Alors que tous les comptes de Brian ont été supprimés, celui de Gabby demeure figé en ligne, tel un monument numérique fragile. Le projet se déploie à partir de cette archive publique : plusieurs formats (éditions, expositions, lecture-performée..) constituent les étapes d’un travail au long cours menant à un roman graphique. Celui-ci propose de raconter une vie uniquement à partir des traces laissées sur Internet, sans extrapolation, en traduisant le flux fragmenté du web en une narration linéaire, et en transposant sur papier la mémoire suspendue d’un compte Instagram devenu lieu de recueillement collectif.
DANS LE CADRE DU GRAND OFF* DE LA BANDE DESSINÉE
*Manifestation gratuite à Angoulême
Exposition visible du 29 janvier au 1er février · 14h / 18h · Entrée gratuite
Vernissage en présence de l’artiste le jeudi 29 janvier à 18h · inscription conseillée, en ligne ou par téléphone :
PASCAL NAVARRO
Pascal Navarro a pour habitude de présenter son travail à partir des notions de perte et de conservation. Ces enjeux trouvent des échos formels dans les phénomènes d'apparition ou d'effacement. Ainsi, dans la série des dessins néguentropiques, la dégradation lente des encres par la lumière naturelle dévoile des figures de ruines antiques, qui apparaissent au bout de semaines ou d'années, selon le mode de conservation ou d'exposition des oeuvres. La photographie, en tant qu'outil de conservation, est souvent convoquée, sans forcément être le medium utilisé. C'est le cas du projet Monument pour Gabby, qui, au-delà d'un récit, aborde la question des images partagées sur l'internet et de leur pérennité.
En 2025, Pascal Navarro a présenté son travail dans l'exposition "Ce que pense la main" au Frac Sud et a réalisé une résidence d'écriture à La Marelle. Il entamera une résidence à l'atelier Vis à Vis à Marseille au printemps.
Pascal Navarro, « 𝗠𝗼𝗻𝘂𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗚𝗮𝗯𝗯𝘆 »