NOUVELLES ACQUISITIONS 2026 :
Découvrez la sélection des œuvres acquises par le Frac poitou-charentes
Les axes de la collection
© Lerato Shadi, Seriti Se, 2015 – en cours. Installation participative et performance, peinture noire et blanche, pinceaux, rouleau, bac, dimensions variables
La politique d’acquisition du Frac Poitou-Charentes a l’ambition de continuer à construire une collection qui soit de référence internationale, représentative des développements les plus récents en art contemporain, prospective — attentive à la jeune création nationale et internationale, et qui reflète et soutienne la scène artistique en Nouvelle-Aquitaine.
Notre politique d’acquisition répond à l’histoire de la collection et vise à enrichir les lignes thématiques existantes, tout en développant de nouveaux axes d’orientation pour les nouvelles acquisitions avec une attention particulière à la parité femme-homme et à l’ouverture de la collection vers la diversité culturelle.
Cette politique est également articulée en dialogue avec les collections du Frac Nouvelle-Aquitaine Méca et le Frac-Artothèque Nouvelle Aquitaine, pour développer des stratégies d’acquisitions cohérentes, complémentaires et collaboratives.
Tout en portant une attention particulière aux enjeux de la transition écologique, les nouveaux axes de la collection pour les nouvelles acquisitions sont les suivants :
✹Un regard sur la ruralité, autour de la question du territoire et notre relation au vivant.
✹Les pratiques socialement engagées.
✹L’image numérique, avec un regard particulier sur les pratiques innovantes en vidéo, animation et création 3D.
✹Développer les acquisitions d’artistes de contextes moins représentés dans la collection (artistes autochtones et hors Europe / Amérique du Nord).
✹Une commande-acquisition par an, qui s’inscrit dans la programmation du Frac.
Les acquisitions :
-

JULIEN CREUZET
La chiromancie des eaux désirées (Charente) […], 2025
Trois sculptures en acier corten
Dimensions variables
—————
Né en 1986 au Blanc-Mesnil (France), Julien Creuzet est un artiste visuel et poète franco-caribéen qui vit et travaille à Paris. Il entrelace activement ses deux pratiques par le biais de compositions de sculptures, d'installations et d'interventions textuelles qui traitent de sa propre expérience diasporique et de sa relation à la Martinique. En évoquant les échanges postcoloniaux transocéaniques et leurs multiples temporalités, l’artiste place son héritage passé, présent et futur au cœur de sa production. Ces sculptures ont été réalisées pour l’exposition Eaux souterraines au Frac Poitou-Charentes en 2025. Il s’agit d’une co-production Frac Poitou-Charentes et Sentier métropolitain de GrandAngoulême – HUB-IN. Julien Creuzet a puisé des dessins et des motifs dans les Archives départementales qu’il a ensuite fait découper dans des plaques d’acier corten. Il s’est inspiré de l’histoire du fleuve Charente et de ses liens avec l’histoire coloniale de la Nouvelle-Aquitaine pour réaliser trois grandes sculptures au sol.
-

LOLA GONZÀLEZ
Mouradia, 2023
Vidéo couleur HD, stéréo
20 min
Édition 1 sur 5 + 1 EA
—————
Lola Gonzàlez est née en 1988, elle vit à Lisle, en Dordogne. Chaque film que fait Lola Gonzàlez invente celui d’après. L’ensemble dessine une obsession, comme un rêve qui n’en finit pas de revenir, nuit après nuit, et qui a son influence pendant le jour. Comme un rituel magique, les films de Lola Gonzàlez s’ouvrent sur ces jeunes gens tournés vers l’extérieur, vers le paysage. Sont-ils capables d’y voir un signe qu’iels interprètent tous et toutes de la même façon ? À chaque fois, un bouleversant synchronisme s’installe et crée une situation où la communication passe par les corps qui se frôlent et se touchent volontairement. Faisant écho par bribes de texte au film L'ambassade de Chris Marker, Mouradia est un film choral, tourné et improvisé en langue inventée. Des individus semblent s'être réfugiés dans une étrange bâtisse. Dehors, le monde est en feu.
-
LOLA GONZÀLEZ & MALAK MAATOUG
Série de huit photographies de tournage, 2023
Tirage argentique unique
40 × 30 cm
—————
En complément de la proposition d’acquisition du film Mouradia, Lola Gonzàlez offre une série de huit photographies de tournage. Ces images, sélectionnées par l’artiste, constituent une archive pouvant accompagner de futures présentations du film dans un contexte d’exposition.
-

LÍVIA MELZI
1888-2018 (météorites), 2023
Issu du projet « Musea Futuri »
Tirage argentique à partir de négative 4X5
90 × 120 cm
Edition 2 sur 5
—————
Née en 1985 au Brésil, Lívia Melzi vit entre Paris et Arles. Elle travaille l’archive, la mémoire et la construction de l’identité à partir de représentations quasi-documentaires. Elle interroge également de manière critique la production, la conservation et la circulation des images dans l’écriture de l’Histoire, notamment de l’époque coloniale.
“ La série Rescue Objects est littéralement une opération de sauvetage. Entre janvier et août 2024, soutenue par l’Institut Français et le Cnap, Lívia Melzi s’est rendue au Musée National de Rio de Janeiro, ravagé par un incendie en 2018, pour photographier des centaines d’items sauvés des flammes. Ce sont des images crues et directes, presque factuelles et documentaires, prises à la chambre. Elles se font le relais d’une pratique muséographique d’inventaire et d’identification, de production d’archives, alors que le musée a perdu près de 85% de sa collection qui comptait environ 20 millions d’objets, l’une des plus riches d’Amérique latine. “ - Margaux Knight
-

ASAD RAZA
Absorption, 2019 – en cours
Installation in situ composée de néo-terre vivante et protocole gravé sur cuivre
Dimensions variables
—————
Cette œuvre fait partie d’une série d’œuvres majeures qu’Asad Raza intitule Metabolisms, et qui mettent en scène des échanges entre des corps, des matériaux et des environnements. Les Metabolisms ne sont pas des objets mais des processus – un processus qui absorbe des éléments du monde, les transforme par l’activité humaine et non humaine, et renvoie quelque chose de modifié à son environnement. L’œuvre ne représente pas un processus – elle en est un. Ce qui importe, c’est le cycle : apport, transformation, restitution.
Absorption est une œuvre dans laquelle des éléments du paysage, séparés par des processus industriels, sont recombinés pour former un néosol fertile, créé au sein de l'institution muséale et offert aux visiteurs pour qu’ils en fassent l’usage qu’ils souhaitent.
Il existe trois phases permettant l’activation d’Absorption : une phase préalable à l'exposition, consacrée à l'approvisionnement en ingrédients et à la formation des cultivateurs ; une présentation publique au cours de laquelle le néosol est fabriqué et distribué par des cultivateurs formés ; et une phase finale de distribution communautaire de tout le sol restant.
-

OMAR CASTILLO ÁLFARO
Manga Crying - Shun (série Amantecas, chapitre 1 : Pedro), 2023
Plumes d’oiseaux naturelles, papier de coton et bois
44 x 32 x 3 cm
—————
Par la transformation de matériaux tels que la terre et l’argile (héritage de sa grand-mère), la cire d’abeille et les bougies (apprises de sa mère), les plumes d’oiseaux (liées à la pratique ancestrale des Amantecas aztèques, reprise par son oncle) et la sculpture sur pierre (métier exercé par ses cousins et oncles tailleurs de pierre), Castillo Alfaro construit une poétique matérielle intimement liée à ses origines. Omar Castillo Alfaro s'intéresse également aux amantecas, ces artistes aztèques d'élite qui maîtrisaient le plumage. Au Mexique, les moines utilisent encore le plumage pour créer des icônes chrétiennes. Entre les mains de l’artiste, le plumage permet de recréer les personnages de manga qu'il a vus à la télévision dans les années 1990 et de questionner le statut des images à l'ère d'Internet.
-

CRISTIANO CODEÇO DE AMORIM
Only Fems, 2025
Vidéo
20 mins
—————
Diplômé de l’École supérieure des beaux-arts de Bordeaux en 2022, Cristiano Codeço De Amorim développe une pratique artistique autobiographique et transdisciplinaire retraçant son parcours et ses ressentis, d’une enfance au Portugal à sa vie en France depuis 2007. Son travail explore une prise de conscience via des installations, des performances médiatisées, des vidéos, des écrits, des sculptures et du dessin. À travers le prisme de la famille, Cristiano aborde des sujets tels que l’immigration, la classe populaire, le genre, l’homosexualité et l’acceptation de soi - grâce à la féminité -, tout en questionnant la masculinité, perçue comme un problème à résoudre, et la sexualité, vue comme une énigme à déchiffrer. Le tout, toujours saupoudré de pop culture. Les plateformes numériques et les réseaux sociaux l’inspirent et deviennent ses terrains de jeu.
-

MILO CREESE
Super Special Garden, 2023
Vidéo digitale HD, son stéréo
13 mins
Édition 1 sur 2
—————
La vidéo Super Special Garden, 2023, a été créée comme un flux de conscience à partir d'une série d'expérimentations techniques musicales, narratives et visuelles. À partir d'images d'archives de scènes de nature et du quotidien, Milo Creese superpose des figures animées fragmentées ou dissolvantes à une bande sonore unique et à une narration apaisante. Associée à des textures cinématographiques traditionnelles telles que des contours assombris et des couleurs froides, l'oeuvre incarne l'expérience de la mémoire et de la mythologie collective. La vidéo capture une qualité éthérée proche du déjà-vu ou de l'apaisement souvent ressenti lors de vidéos ASMR. Il décortique le phénomène contemporain où les souvenirs et les rêves sont de plus en plus influencés par les réseaux sociaux plutôt que par des moments tangibles.
-

NICOLAS DAUBANES
La monnaie de Basseau, 2025
Matrices de frappe et protocole d’activation
Dimensions variables
—————
Né en 1983, Nicolas Daubanes construit depuis plusieurs années une oeuvre au croisement de l’art contemporain et de l’engagement social. Invité en résidence à Basseau, un quartier prioritaire de la ville d’Angoulême, l’artiste a conçu un projet en prise directe avec l’Histoire et la vie du quartier aujourd’hui en marge de la ville. Ancien site industriel marqué par l’activité de la poudrerie nationale, Basseau conserve les traces d’un passé militaire, colonial et ouvrier. Derrière les reconstructions successives, subsiste un tissu de mémoires souvent invisibilisées ou perdues. C’est de ce constat qu’est née La monnaie de Basseau. Constituée de 7 motifs frappés sur des pièces en régule - un alliage modeste contenant du plomb, choisi en résonance avec la pollution héritée de la poudrerie - l’oeuvre associe geste ancestral, mémoire locale et dimension participative. Chaque pièce a été frappée à la main en janvier 2025 lors d’un moment collectif ouvert aux habitant·es.
-

CRISTINA FLORES PESCORÁN
Acariciar el corazón del hueso, 2023-2024
Bois, fils de coton et aiguilles
Dimensions variables
—————
Acariciar el corazón del hueso (2023-2024) est un autel-métier sculptural incorporant du bois, des fils de coton et des aiguilles. Inspirée par un rêve d'interaction avec sa moelle osseuse, l'artiste Cristina Flores Pescorán a créé des fils de chaîne attachés à des fragments de bois sculptés à la main représentant différentes parties de son corps, notamment les jambes, la poitrine, les bras et la tête. À travers cette oeuvre, l'artiste réfléchit à son expérience personnelle du traitement du cancer et de sa guérison. Une photographie de l'artiste activant le métier à tisser accompagne cette oeuvre qui a été commandée par la Biennale d'art de Toronto, avec le soutien du Consulat général du Pérou à Toronto et de la Women Leading Initiative.
Crédit photo : LNDW Studio, Museum Rijswijk
-

CRISTINA FLORES PESCORÁN
Moiñ e al atardecer: Y la tierra me estrechó en su pecho, una planta nació y tejimos el infinito, 2024
Impression numérique sur papier baryté
150 x 100 cm
Édition 1 sur 10 + 1PA
—————
Cristina Flores Pescorán est une artiste multidisciplinaire travaillant principalement le textile, la vidéo, la performance et l'installation. Ses oeuvres explorent le corps, les processus de guérison, le féminisme et sa propre mémoire. Faisant référence aux pratiques médicinales traditionnelles de la culture péruvienne et puisant dans les savoirs ancestraux à travers les rituels, Cristina Flores Pescorán explore son histoire avec la maladie et la guérison afin de mettre l'accent sur la guérison. Utilisant des matériaux naturels comme la teinture issue du maïs violet et le fil de coton péruvien, elle tisse des organismes textiles à grande échelle pour remettre en question notre conception sociétale des traitements et des remèdes.
Crédit photo : Ruben Grande
-

MOUNIR GOURI
Journal intime, 2023
Ensemble de 18 dessins, technique mixte sur papier Fabriano
56 x 76 cm chaque, l’ensemble 340 x 230 cm
—————
Mounir Gouri est né à Annaba en Algérie en 1985. Sa pratique s’articule notamment autour des ressources matérielles et métaphoriques du charbon. À travers son exploration de sources biographiques, ses œuvres viennent tout à la fois encoder et décoder. Mounir Gouri évoque de manière entrelacée son histoire personnelle, qui l’a notamment conduit d’Algérie en France, aussi bien que l’histoire politique de son pays, en particulier de la décennie noire en Algérie qu’il a vécu encore enfant. Journal Intime, est une série de 18 dessins réalisés à la plume et au fusain. Comme une enquête cartographiée, le dessin se déploie de feuille en feuille pour restituer un cheminement, scandé des empreintes de l’artiste. Mounir Gouri déploie dans cette série une enquête qui restitue une géographie, jalonnée par les traces omniprésentes du corps, le sien, qui mène cette enquête, avec ses empreintes de main et de doigts qui se démultiplient et apparaissent comme autant de témoins.
-

ANAÏS MARION
Et la foule soudain tendit une fleur, 2017
Protocole, 5 photographies anthotypes
30 x 40 cm
—————
Cet herbier répertorie une série de soulèvements populaires aux noms de fleurs. Ces révolutions ont souvent provoqué un changement de gouvernement mais les libertés acquises ne restent pas acquises. Des jus de végétaux sont couchés sur du papier, séchés puis exposés au soleil sous des transparents imprimés qui laissent leur empreinte. L’anthotype est une des plus vieilles techniques de photographie, impossible à fixer. La couleur et le contraste de ces tirages disparaissent progressivement lorsqu’ils sont exposés. Les tirages sont donc refaits spécifiquement pour chaque exposition. Il s’agit d’une série ouverte : si une nouvelle révolution portant un nom de fleur venait à se produire quelque part dans le monde, un nouveau spécimen sera ajoutée à cet herbier.
-

CHLOÉ QUENUM
Liquids, 2024
Vidéo digitale
4 mins 41
—————
Chloé Quenum est une artiste franco-béninoise née en 1983. Elle vit et travaille à Paris. Dans sa dernière œuvre, un avatar numérique dérive à travers un code liquide tel un corps s'abandonnant à l'épuisement. Dans cet environnement liquide, l'avatar se déplace non pas comme un dysfonctionnement, mais comme ce que Legacy Russell appelle un « glitch-as-refusal » : une entité numérique choisissant la résistance par un rendu imparfait. Ici, l'épuisement devient méthodologie, la fatigue physique et numérique se fondent dans une position politique. L'avatar flotte comme s'il portait le poids de chaque mise à jour système rejetée, de chaque demande d'optimisation refusée. Dans cet univers numérique, l’artiste suggère que la lassitude à suivre le rythme – en ligne comme hors ligne – pourrait être une libération plutôt qu'une défaite.
-

KANITHA TITH
Untitled (sans titre), 2025
Fil d'acier enroulé à la main de 0,7 mm
85 x 30 x 3 cm
—————
Née en 1987 à Phnom Penh, au Cambodge, Kanitha Tith explore une pratique artistique empreinte de processus laborieux, méditatifs et répétitifs, en quête d'un sentiment de liberté. Elle réalise des sculptures, des installations, des performances, des vidéos et des œuvres sur papier. Kanitha Tith s'inspire souvent de ses expériences personnelles et de la mémoire collective de l'histoire moderne troublée du Cambodge, traduisant ces problématiques complexes dans un langage doux et abstrait. Ces sculptures sont le fruit d'un processus laborieux, méditatif et répétitif, qui entremêle sa vie intérieure à des réflexions abstraites sur l'histoire moderne tourmentée du Cambodge. Dans sa récente exposition personnelle, « Moel Knong », l'artiste explore les limites du langage et la dimension poétique de sa pratique artistique.
-

KANITHA TITH
Untitled (sans titre), 2024
Fil d'acier enroulé à la main de 0,7 mm
51 x 27 cm
—————
Kanitha Tith a exposé lors de prestigieuses expositions au Cambodge, en Asie du Sud-Est et à l'international. En 2022, elle a présenté une importante installation composée de sculptures et d'œuvres sur papier lors de la 58e édition du Carnegie International, sous le commissariat de Sohrab Mohebbi. Elle a été la première artiste cambodgienne à participer à cette prestigieuse biennale en 126 ans d'histoire. La même année, elle a présenté un ensemble important d'œuvres à la 11e Biennale de Singapour. Elle a exposé au Mori Art Museum (Tokyo), à l'IFA (Berlin et Stuttgart), au Centre culturel français (Phnom Penh) et à la SA SA BASSAC (Phnom Penh), ainsi que dans de nombreux autres lieux. Ses œuvres sont conservées dans plusieurs collections privées et publiques prestigieuses à l'international, notamment au Singapore Art Museum, et ont été saluées par la critique dans des publications spécialisées comme Artforum.
-

TIZINTIZWA (Commande acquisition)
Ronceveaux (titre provisoire), 2026
Vidéo, édition 1 sur 5
—————
L’installation vidéo Roncevaux explore la construction des mythes nationaux et leur rôle fondateur dans la formation des États-nations en tant qu'entités homogénéisatrices. Dans cette vidéo, les artistes du collectif concevrons la nation selon les termes de Benedict Anderson, comme une « communauté imaginée », forgée par les mythologies et la langue. Ils examineront plus particulièrement comment ce processus de construction nationale s'est déroulé en France, éradiquant les différences culturelles et linguistiques, qu'elles soient profondément ancrées dans le territoire (Basques, Occitans, etc.) ou non (Maghrébins, Ouest-Africains, etc.).
Le projet du collectif aboutira à leur première exposition individuelle en Europe, qui sera présentée au Frac Poitou-Charentes (mai-octobre 2026).